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Le commentaire de texte

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Le commentaire de texte

Conseils méthodologiques  pour réussir un commentaire de texte

S’imprégner du passage en le lisant attentivement, plusieurs fois éventuellement, avant même de l’analyser. Lire l’extrait en se laissant envahir « cum mentis » dit le latin, c’est-à-dire « avec l’esprit » (de là vient le nom de com-mentaire). Il faut se mettre à l’écoute d’une voix, d’un style et en entendre toute sa richesse ; « L’intelligence n’est rien sans la délectation » dit Paul Claudel.

Commencer par noter les trois mots, les trois termes (noms ou adjectifs) qui correspondent à vos premières réactions, sensations, impressions de lecture ; puis tentez de trouver des indices pour vérifier leur pertinence. Pensez à les classer, à les hiérarchiser (dans l’ordre d’importance que vous leur donnez). Le lecteur de votre commentaire devra découvrir petit à petit l’intérêt et la beauté d’un texte qu’il n’est pas sensé connaître, il faut donc ménager une progression et, pour ainsi dire, un suspense en allant du plus apparent au plus caché.

L’un des buts est de trouver des axes, des hypothèses, des pistes, un projet de lecture personnel, ou qui corresponde aux consignes qui vous sont données. C’est là toute l’aventure de l’interprétation : on se trouve parfois soi-même dans sa façon de lire . Mais attention à ne pas réduire le texte à vos impressions car elles peuvent être erronées ; vous risquez alors le contresens si, par exemple, vous ne percevez pas l’ironie dans un texte. c’est pourquoi il convient de toujours rassembler impression (idées) et expression (indices).

Procéder à une lecture linéaire qui permettra de confirmer (ou d’infirmer) ces impressions, les justifier, les expliciter, les affiner, les reformuler. Vous pourrez utiliser un crayon de couleur différent pour chaque piste, chaque interprétation. La règle sera de ne faire état d’aucune impression qui ne soit appuyée sur des indices textuels : « je ressens je recense ».

Identifier différents niveaux d’analyse pour varier les remarques, leurs richesses (graphique, lexicale, grammaticale, sonore, rythmique, prosodique, rhétorique). L’important arsenal technique acquis depuis le collège paraît donc indispensable. Identifier un temps (et ses valeurs) peut s’avérer tout aussi primordial que de repérer un oxymore. Révisez, s’il y a lieu, à l’aide de vos manuels, les différentes notions, le vocabulaire précis d’analyse littéraire, par exemple : focalisation, strophe, connotation, allitération, phrase simple/complexe, personnification, métaphore filée, lieu commun, hyperbole,paradoxe, ellipse, concession, style indirect libre, tournure impersonnelle…

Commenter un texte c’est expliquer ce qu’il dit et montrer comment il le dit, comment il signifie, comment il fait sentir, agir, rêver… La règle sera de ne relever aucun moyen d’expression sans préciser son effet sur le lecteur (émouvoir, attrister, bouleverser, faire rire, horrifier, faire réfléchir, passer un message, persuader, témoigner, etc.). Une bonne connaissance des différents registres pourra vous aider à mieux saisir l’essentiel.

Afin d’éviter le défaut majeur de la paraphrase (raconter un texte sans le commenter), vous pourrez établir pour chaque paragraphe un tableau à trois entrées : 1) relevés (citations, références) ; 2) identifications des procédés utilisés ; 3) effets produits

1.Observer/ Relever 2. Identifier/ décomposer 3. Noter les effets/Interpréter

« soleil noir » figure d’opposition : oxymore marque de l’angoisse du narrateur

Un paragraphe n’est complet que s’il comporte ces trois composantes essentielles. L’ordre de ces trois composantes peut varier dans le paragraphe. N’oubliez pas de relier chaque paragraphe au suivant à l’aide de mots de liaison (en effet, par conséquent, de plus, en outre, ainsi, de surcroît). Chaque transition permet d’effectuer un bilan et d’annoncer la partie suivante. Un paragraphe débute par un alinéa. La citation est indispensable, elle est une preuve fournie par le texte de la remarque effectuée.

Choisir les exemples et les citations : il est nécessaire, au cours du développement, d’effectuer des références au texte qui permettent de justifier l’interprétation, les axes de lecture choisis, tout en montrant l’art de l’écrivain. On peut faire des allusions rapides à tel ou tel passage précis mais plus généralement on aura recours à des citations : termes, expressions, propositions, phrases entières. Il faut cependant doit éviter l’énumération laborieuse : l’essentiel reste le commentaire que l’on développe sur le texte (la citation seule n’est jamais une explication). Se demander : qu’y a-t-il d’inhabituel dans la formulation ? Comment aurait-on pu dire cela autrement ? Vos citations doivent impérativement être : courtes, précises, entre guillemets.

Les trois questions : identifier le thème principal (quoi ? de quoi est-il question ?), les procédés (comment ? comment l’auteur procède-t-il pour traiter ce thème ?), dans quel but (pourquoi ? en vue de quoi l’auteur emploie-t-il ces procédés ?) permettra de saisir la ou les problématiques. La problématique, ou objectif à démontrer, repose sur l’ensemble du passage elle peut porter sur : le genre du texte (l’extrait illustre ou contredit les lois spécifiques d’un genre ou d’une page), les registres dominants, le contexte, la situation d’énonciation, le narrateur, les formes de discours (argumentative, descriptive, narrative), les thèmes abordés (la rencontre, la révolte, le temps, etc.) le mouvement littéraire auquel il se rattache ou s’oppose, …

Cette problématique, posée sous la forme d’une question, sera le fil qui permettra, comme dans un collier, de tenir les paragraphes (les perles) qui dévoileront les enjeux du passage. Elle vous permettra de mener à bien votre démonstration : un axe de lecture est une perspective donnée au texte afin de prouver une hypothèse. A partir du moment où l’on a choisi des axes directeurs, des centres d’intérêt, on oriente sa lecture du texte vers une thèse précise que différents arguments viendront confirmer. Pour vérifier la pertinence de vos axes faites précéder mentalement chacun de vos objectifs de l’expression « nous voulons montrer que… » Un axe de lecture est validé dans l’explicitation des sous parties.

Schéma d’une partie qui doit constituer un bloc visuel : (son titre se note uniquement au brouillon, jamais sur la copie) :

(Alinéa) ¶ ————————

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————————————– 1ère sous-partie

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————————————– 2e sous-partie

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————————————– 3e sous-partie (facultative)

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La conclusion apparaît comme un bilan du raisonnement tenu lors de la rédaction, une récapitulation. Il conviendra de reprendre les deux ou trois parties du plan en montrant quelles interprétations se dégagent de l’étude, et en répondant à la question posée par la problématique. Le but de la conclusion est de mettre en évidence la cohérence et la pertinence du raisonnement mené tout au long du commentaire. Il s’agit aussi de mesurer la réussite de l’auteur, son efficacité (qu’il s’agisse pour lui de faire rire, réfléchir ou pleurer), son originalité, ou le fait de rendre sensible à une vision du monde, à des choix esthétiques innovants. L’élargissement permet une ouverture vers la suite de l’œuvre, d’autres textes, ou d’autres perspectives thématiques, biographiques, historiques, philosophiques, culturelles.

L’introduction doit montrer ce que vous savez du texte, de l’auteur et du contexte. Elle présente votre objectif de lecture avec votre problématique (que vais-je chercher à démontrer ?), de préférence sous forme de question (ce texte est-il un texte fantastique ou réaliste ?…). Puis elle annonce le plan de votre démonstration (le chemin que vous allez emprunter pour amener le lecteur à votre conclusion), plan qui doit vous conduire à répondre à la question posée comme problématique.

Pourquoi tout ce travail ? Le commentaire nous mènera à mieux comprendre (le sens global mais surtout les nuances de sens), à mieux sentir, à mieux écouter (afin d’affiner notre sensibilité), à mieux penser et juger (pour savoir critiquer mais aussi admirer), à mieux écrire (en étendant nos moyens d’expression personnelle), à mieux vivre (la littérature nous aide ; elle permet d’énoncer nos angoisses, de rêver nos rêves, de porter nos interrogations).

Pensez, lors de la rédaction de vos devoirs à vous “écouter écrire”, entendez mentalement ce que vous écrivez, cela vous évitera beaucoup d’erreurs de syntaxe et de grammaire. Vous prendrez conscience du rythme de votre texte, des éventuelles répétitions, de la cohérence de vos propos.

N’oubliez pas que vous êtes le directeur de l’enquête policière que vous menez, à vous de jouer !

  1. Merci d’indiquer la source de votre commentaire, c’est-à-dire le site élèv-ation sur web lettres.

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