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Lycéens au cinéma : L’Armée des Ombres

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Lycéens au cinéma : L’Armée des Ombres

L’Armée des Ombres, que de nombreux lycéens ont pu voir au cinéma « Le Royal », est l’adaptation du roman homonyme de Joseph Kessel, célèbre journaliste, écrivain, engagé lui-même dans la Résistance. On pourra donc avec profit comparer l’oeuvre originale avec l’adaptation qui en a été faite par le réalisateur, Jean-Pierre Melville.

C’est l’un des grands réalisateurs français, résistant également, auteur de plusieurs films sur la France pendant la Seconde Guerre mondiale (adaptation du « Silence de la Mer », de Vercors) et de quelques films célèbres, en particulier des « polars noirs » avec Alain Delon (Le Samouraï, le Cercle Rouge, etc.).

La distribution est prestigieuse, Lino Ventura, dans un de ses rares rôles dramatiques, Paul Meurisse (dont le modèle est Jean Moulin), Paul Crauchet, Jean-Pierre Cassel, Simone Signoret, et la participation toute en nuances de Serge Reggiani. Notons la présence du Colonel Passy, un grand résistant, dans son propre rôle de chef des Services secrets de la France Libre.

Le film sort le 12 septembre 1969, et rencontre un succès honorable, mais subit une série de mauvaises critiques, on lui reproche en effet d’être un « film gaulliste » (le Général de Gaulle a démissionné 4 mois auparavant), Melville étant accusé d’être un homme de droite, au service du pouvoir…

Son travail de metteur en scène est de toute façon remarquable. On pourra noter :

– Le travail sur la couleur, ou plutôt sur la quasi absence de couleur, avec, en particulier, une large palette de gris, et une grande attention portée à l’ombre et à la lumière, celle-ci étant souvent perçue comme un danger potentiel . Pourquoi un tel choix ?

– Les nombreuses ellipses, « raccourcis » de temps et d’espace, qui perdent le spectateur dans le labyrinthe du réseau, réseau résistant, réseau des rapports humains, impression accentuée par les nombreux trajets en voiture ou train…

– Un mot aussi sur le titre. Les « Ombres » sont, bien sûr, les résistants, forcés à la clandestinité, à se cacher, à agir dans l’ombre, mais également morts en sursis, morts-vivants, survivants, spectres ou vampires (scène de l’exécution du jeune traitre par exemple…). Au total, les personnages sont assez « lisses », ont peu de profondeur psychologique, tournés vers l’action, au service d’une cause, en se laissant pas aller aux sentiments (en particulier Gerbier/Lino Ventura).

– Un film peu bavard, dialogues relativement peu développés, comme la musique d’ailleurs… Quel est alors le rôle des voix-off, très présentes, des bruitages (l’horloge, les verrous de prison, etc), et du jeu des regards ?

– Austérité, également, et économie dans les plans, les mouvements de caméra, le tout accompagné de plans assez longs, ce qui crée une tension particulière…

– On pourra enfin s’amuser à reconnaître quelques influences subies par Melville, comme celles du cinéma fantastique, du polar, mais aussi de Hitchcock (maître du suspense) ou de Jacques Tati… A vous de jouer !

Quelques liens intéressants :

Un article sur la représentation de la Résistance au cinéma

Le travail réalisé par les élèves du Lycée international de St-Germain-en-Laye

La bande-annonce

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